Choisir ses casques de protection

Le choix d'un casque de chantier ou pour l'industrie doit prendre en compte plusieurs points essentiels.

L'analyse des risques

Comme pour tout équipement de protection individuelle, le choix d'un casque participe d’un compromis qui implique une analyse préalable des risques.

1 ) Les risques

Le port d’un casque de protection protège la partie supérieure du crâne contre plusieurs risques :

  • Les chocs ou perforations provoqués par des chutes d’objets
  • Les heurts contre des objets fixes
  • La chute du porteur
  • Le contact avec des conducteurs électriques sous tension
  • La projection de métaux en fusion de liquides chauds ou corrosifs

2 ) Les contraintes du travail et de son environnement

Ces contraintes doivent être identifiées et évaluées pour choisir un EPI approprié :

  • Travail en hauteur
  • Travail en milieu froid ou chaud
  • Travail en extérieur ou intérieur
  • Conduite de véhicules ou d’engins
  • Utilisation d’échelles ou d’échafaudages
  • Présence d’humidité ou d’intempéries
  • Nécessité de nettoyer ou désinfecter le protecteur

3 ) Les réticences des utilisateurs

Le port d’un casque de protection est souvent ressenti comme une contrainte de la part des utilisateurs, et l’on peut rencontrer une résistance se traduisant par un non-port de l’EPI. Les arguments rencontrés sont souvent :

  • La gêne dans le travail
  • L’inconfort en raison du poids de l’EPI ou de la transpiration
  • La survenue d’irritations
  • L’aspect inesthétique

4 ) L’évaluation des risques et des contraintes

Comme pour le choix de tout EPI, cette évaluation préliminaire est essentielle. Elle doit impliquer non seulement le CHSCT, mais aussi et surtout les futurs utilisateurs. Ce sont eux qui sont les mieux placés pour décrire la nature de leur activité, les contraintes du poste de travail et les risques qu’ils encourent.

Les types de casques normalisés

1 ) La casquette anti-heurt pour l’industrie

Ces casquettes de sécurité anti-heurt doivent protéger l’utilisateur lorsque sa tête heurte des objets durs et immobiles pouvant provoquer des coupures ou autres blessures superficielles. Elles sont essentiellement destinées à une utilisation en intérieur et ne sont pas prévues pour protéger des chutes d’objets, des charges en suspension ou en mouvement, ou encore des effets des projections.

Elles sont soumises à la norme NF EN 812 et à l’amendement NF EN 812/A1, qui spécifient également les exigences de marquage.

2 ) Les casques de protection pour l’industrie d’usage courant

Ces casques de chantier sont destinés à protéger l’utilisateur contre la chute d’objets mais pas à protéger contre les chocs survenant ailleurs qu’au sommet du crâne.

Ils sont soumis à la norme NF EN 397 et à l’amendement NF EN 397/A1.

Les exigences de base obligatoires sont :

  • La résistance au choc (l’aptitude à dissiper et étaler l’énergie communiquée par un choc)
  • La résistance à la pénétration
  • La résistance à l’inflammabilité
  • La résistance au vieillissement artificiel
  • Les matériaux constitutifs, le harnais, la jugulaire et les autres accessoires

D’autres caractéristiques peuvent être revendiquées par le fabricant et doivent alors répondre à la norme :

  • La résistance à la très basse température (-20 ou -30°C)
  • La résistance à la très haute température (150°C)
  • La résistance à l’électricité
  • La résistance à la déformation latérale
  • La résistance au métal en fusion.

La norme définie aussi le marquage obligatoire ainsi que les instructions spécifiques d’emploi à fournir par le fabricant.

3 ) Le casque de protection à haute performance pour l’industrie

Ce casque doit être conforme aux exigences de la norme NF NE 14052.

Il offre une meilleure protection contre la chute d’objets, contre les chocs en dehors du sommet du crâne et contre toute pénétration d’une masse percutante à lame plate. Il doit avoir en outre un système de retenue conforme aux exigences obligatoires relatives à l’efficacité du système et à sa rupture.

4 ) Le casque électriquement isolant pour utilisation sur installations à basse tension

Ce casque protège l’utilisateur contre le risque d’électrisation par contact électrique direct lors de travaux près de parties sous tension. 

Les normes européennes NF EN 13087 (parties 1 à 10) rassemblent les méthodes d’essais et les spécifications correspondantes.

Deux niveaux de protection existent :

  • Une protection contre un courant accidentel de courte durée avec des conducteurs électriques sous tension pouvant atteindre 440V en courant alternatif (exigence facultative de la norme EN 397)
  • Une protection dans le cadre de travaux sur ou près de parties sous tension d’installations ne dépassant pas 1000V en courant alternatif ou 1500V en courant continu (exigences obligatoires de la norme En 50365)

Le choix du type de casque

1 ) le marquage réglementaire CE

Les casques de protection devront obligatoirement porter le marquage CE. La présence de ce marquage garantie que l’EPI est conforme aux exigences essentielles de la réglementation et qu’il satisfait aux procédures de certification qui lui sont applicables.

Ce marquage est effectué par le fabricant ou le responsable de la mise sur le marché de l’EPI.

La procédure dite d’examen CE de type à laquelle sont soumis les casques de protection permettra de vérifier que ceux-ci satisfont aux exigences de la norme par un examen du dossier technique de fabrication et la réalisation d’essais.

L’attestation CE de type est délivrée par l’organisme notifié qui aura procédé à la certification.

Les casques destinés à protéger contre les risques électriques, ceux destinés à être utilisé dans des ambiances chaudes (100°C ou plus) ou ceux destinés à protéger à la fois de ces deux risques sont soumis à une procédure complémentaire d’assurance qualité.

2 ) Les autres marquages

Le marquage de conformité aux normes : obligatoire pour les casques qui revendiquent la conformité à une norme (comme la norme NF EN 397 par exemple).

Le marquage « NF » : il sert à distinguer les EPI conformes aux exigences du référentiel de certification NF 026 attribué par l’organisme AFAQ AFNOR Certification. C’est un référentiel qualité d’application volontaire qui atteste :

  • Que les EPI ont des caractéristiques conformes à la norme française NF EN 397 ainsi qu’aux spécifications complémentaires contenues dans le référentiel
  • Que les EPI répondent aux exigences de contrôle de fabrication définies dans le référentiel

3 ) Les éléments constituant un casque

La calotte

C’est la partie extérieure du casque de sécurité. C’est elle qui doit résister aux chocs extérieurs. 

Elle est constituée d’un matériau qui doit être à la fois léger et résistant comme :

  • Le polyéthylène
  • L’ABS
  • Le polycarbonate
  • Le polyester renforçé

Le harnais

Il sert à assurer le maintien du casque de protection sur la tête ainsi qu’à jouer un rôle d’amortisseur lors d’un choc. Il est composé de trois parties :

  • Le tour de tête
  • Le serre-nuque
  • La coiffe

Il peut être complété par des éléments de confort :

  • Des sangles d’amortissement
  • Un bandeau antisueur
  • Un rembourrage protecteur

La jugulaire

C’est une sangle réglable qui passe sous le menton et qui doit assurer le maintien du casque sur la tête.