La protection contre le bruit au travail

Le bruit est un son qui devient gênant. Le son est une vibration transmise par l’air qui crée une sensation auditive.

Un bruit est caractérisé par : sa fréquence, mesurée en Hertz (Hz) et son niveau d'audition mesuré en décibel (dB).

La fréquence correspond à la vibration acoustique de ce son (1 Hertz = 1 oscillation par seconde). Plus la fréquence est élevée, plus le son sera aigu. L’oreille humaine perçoit les fréquences de 20 à 20.000 Hertz. La voix parlée à une fréquence allant de 250 à 3.500 Hertz. L’oreille humaine à un seuil d’audition différent selon la fréquence, avec un maximal à 1.000 Hertz.

Le niveau de pression acoustique mesure le niveau sonore, il suit une échelle logarithmique. Le seuil d’audibilité est proche de 0 dB et le seuil de la douleur est proche de 130 dB. Les décibels ne s’additionnent pas (échelle logarithmique) : un bruit de 50 dB et un autre bruit à proximité du premier de 50 dB également ne font pas un bruit de 100dB.

Quelques exemples de niveaux sonores :

  • Sans risque pour l’audition :
    • 0 dB : Silence (seuil d’audibilité)
    • 10 dB : Studio d’enregistrement
    • 20 dB : Campagne paisible
    • 30 dB : Promenade en forêt
    • 40 dB : Petit bureau calme
    • 50 dB : Grand bureau calme (travail intellectuel pénible)
    • 60 dB : Bureau bruyant
    • 70 dB : Bureau avec imprimantes (travail de bureau difficile)
  • Avec présomption de risques pour l’audition :
    • 80 dB : Radio, volume au maximum
    • 85 dB : Machine à affuter
  • Avec risque avérée pour l’audition :
    • 90 dB : Ponceuse
    • 100 dB : Scie circulaire
    • 110 dB : Atelier de chaudronnerie
    • 120 dB : Marteau piqueur
    • 130 dB : Bancs d’essai des moteurs (seuil de la douleur)
    • 140 dB : Turbo réacteur
    • 180 dB : Décollage de la fusée Ariane

Définition légale de la protection contre le bruit

La protection contre le bruit est définie par la directive 2003/10CE du Parlement Européen et du Conseil du 6 février 2003 concernant les prescriptions minimales de sécurité et de santé relatives à l’exposition des travailleurs aux risques dus aux agents physiques, paru au Journal Officiel des Communautés Européennes du 15 février 2003 n°L.42/38-44.

Cette directive européenne est applicable de plein droit en France. Le Code du Travail fixe :

  • Les valeurs limites d’exposition au bruit qui ne doivent jamais être dépassées, protecteurs inclus.
  • Les valeurs d’exposition inférieures déclenchant certaines actions de prévention.
  • Les valeurs d’exposition supérieures déclenchant d’autres actions de prévention.

La protection apportée par l’EPI contre le bruit doit permettre de ramener l’exposition au bruit à un niveau inférieur à ces valeurs limites d’exposition.

L’utilisateur final de l’EPI doit participer à l’évaluation de son exposition, en faisant appel à son expérience et à sa connaissance de son poste de travail. Il peut signaler les machines où les endroits les plus bruyants, les postes de travail où il est exposé au bruit le plus souvent ainsi que les moments de la journée ou l’exposition au bruit est la plus forte dans son travail.

La mesure du bruit étant souvent compliquée à réaliser, l’entreprise peut faire appel pour cela à des organismes accrédités, prestataires de service en acoustique industrielle.

Les risques

Le bruit est une menace majeure pour l’organisme : le risque principal du bruit est évidemment la surdité, par la destruction des cellules auditives.

C’est une pathologie qui s’installe de façon lente et insidieuse, et surtout irréversible. Elle est généralement détectée lorsque il est trop tard.

Le bruit peut entrainer des risques physiques, parfois sans liens apparent :

  • Il peut fatiguer,
  • Il peut causer du stress,
  • Il influe sur le système nerveux,
  • Il impacte le système cardiovasculaire,
  • Il agit sur le système digestif.

Outre ces risques physiques, le bruit peut entraîner des problèmes au travail :

  • Il nuit à la concentration et donc à la qualité du travail,
  • Il peut gêner la communication entre travailleurs,
  • Il peut empêcher la perception des signaux utiles au travail, ce qui peut causer un risque de sécurité.

Il est donc très important de choisir un EPI bien adapté à la fois contre le bruit et au poste de travail.

Comment puis-je choisir mon casque anti-bruit ?

Le choix d’un casque antibruit professionnel, comme celui de tout EPI résulte d’un compromis entre différents facteurs :

  • Les risques liés au bruit :
    • Amplitude,
    • Fréquence,
    • Durée d’exposition,
    • Type de bruit (fluctuant, stable, impulsionnel).
  • Les contraintes de travail :
    • L’environnement sonore,
    • Le bruit des machines,
    • Les signaux sonores émis par les machines,
    • Les sons avertisseurs de danger,
    • La communication nécessaire entre travailleurs,
    • L’évitement de l’isolement généré par une surprotection.
  • Les exigences de l’utilisateur final :
    • Les conditions d’utilisation de l’EPI,
    • La motivation à son utilisation,
    • L’aspect esthétique de l’EPI,
    • Les habitudes de travail.

Ce n’est qu’en tenant compte de ces différents facteurs que l’on pourra choisir l’équipement de protection contre le bruit le plus adapté possible au poste de travail.

Les critères de choix d'une protection auditive

Les critères de choix d'une protection auditive professionnelle sont nombreux et méritent d'être appréhendés de manière méthodique, en prenant en compte le contexte d'utilisation.

1 ) Le marquage CE

La protection contre le bruit doit être conforme à la réglementation en vigueur, donc obligatoirement porter le marquage CE, ainsi que : Le nom, la marque commerciale ou l’identification du fabricant et/ou distributeur, La désignation du modèle, Le numéro générique des normes de références : EN352.

2 ) Les exigences acoustiques des protecteurs passifs

L’affaiblissement doit être suffisant pour que le niveau sonore soit inférieur aux limites fixées par la réglementation, sans pour autant isoler l’utilisateur de son environnement.

3 ) Les exigences d’affaiblissement acoustiques des protecteurs non passifs

La notice de ce type de protecteur doit préciser : Les performances en mode passif, Les valeurs d’affaiblissement en mode non passif, Les limites d’utilisation de l’EPI au-delà desquelles le protecteur ne peut plus apporter un affaiblissement suffisant.

4 ) L’écart entre l’affaiblissement annoncé et la réalité du terrain

L’efficacité de la protection contre le bruit dans une utilisation réelle est toujours inférieure aux valeurs calculées en laboratoire, il faut donc tenir compte de cette pondération.

5 ) Le confort de l’utilisateur

L’article R.4434-8 du Code du Travail précise que la préférence personnelle de l’utilisateur doit pouvoir s’exprimer. C’est d’autant plus important que le confort de l’utilisateur influera directement sur sa motivation à bien porter sa protection pendant l’exposition au bruit.

6 ) Le poste de travail et son environnement

La chaleur et l’humidité peuvent amener une transpiration importante, ce qui orientera le choix vers des bouchons d’oreille pro plutôt que vers un arceau. La poussière peut s’amasser sous des coussinets et générer des irritations de peau. Là aussi, bien qu’il existe des protections de coussinet en papier absorbant pour pallier à ce problème, il est préférable de privilégier les bouchons d’oreille.

Les avertisseurs de danger ou les messages verbaux entre travailleurs ne doivent pas être occultés par la protection. Bien que la meilleure solution soit d’utiliser des appareils de communication, il est possible d’utiliser des protecteurs à profil d’affaiblissement plat. La localisation d’une source de bruit peut s’avérer nécessaire dans le travail, auquel cas le choix d’un protecteur permettant la communication sera privilégié.

Dans le cas de périodes de bruits répétitives mais de courte durée, il faudra plutôt s’orienter vers des serre-tête ou des bouchons reliés par une bande, plus rapides à mettre en place. Dans le cas de bruits à caractère impulsionnel, il sera nécessaire de s’orienter vers des casques anti bruit actifs à atténuation dépendante du niveau. Dans le cas de bruits à basses fréquences, le meilleur choix sera des protecteurs non passifs à réduction active du bruit.

7 ) Les problèmes médicaux éventuels

Certains travailleurs peuvent présenter des troubles médicaux liés à l’audition ou à l’oreille. Il faudra alors que le médecin du travail vérifie que l’EPI soit adapté à ces troubles.

8 ) La compatibilité de la protection contre le bruit avec d’autres EPI

Il faut s’assurer que l’efficacité du protecteur contre le bruit ne soit pas réduite par l’utilisation d’un autre EPI de protection de la tête.

Classification selon le type de port

Il existe aujourd’hui une multitude de protection contre le bruit, qui peuvent être classées de différentes manières.

Les protecteur munis de coquille.

Les casques enveloppants recouvrent une partie importante de la tête et comportent des coquilles munies d'oreillettes qui s'appliquent sur la périphérie de l'oreille.

Les serre-tête comportent également des coquilles munies d'oreillettes, mais les coquilles sont reliées par un arceau qui passe au-dessus de la tête et qui assure leur maintien par pression (d'où leur nom).

Les serre-tête montés sur casque sont composés de coquilles fixées à un casque de sécurité, avec un système permettant soit de les appliquer sur l'oreille, soit de les mettre dans une position d'attente.

Les bouchons d’oreille

Les bouchons prémoulés : fabriqués généralement à base de résine silicone, de caoutchouc ou d’autres matières souples, ils peuvent être introduits tels quels dans le conduit auditif. Ils sont souvent disponibles en plusieurs tailles et réutilisables.

Les bouchons façonnés par l’utilisateur : ils sont fabriqués à partir de matières pouvant être comprimés ou malaxés par l’utilisateur avant d’être introduits dans le conduit auditif. Ils se dilatent ensuite pour reprendre leur volume initial, ce qui crée une fermeture étanche du conduit auditif. Il est possible de les trouver sous forme jetable ou réutilisable.

Les bouchons moulés individualisés : fabriqués à partir d’un moulage du conduit auditif de l’utilisateur final et sont réutilisables. Les matériaux employés sont le plus souvent des matières plastiques, de la résine acrylique ou silicone. Les bouchons réunis par une bande : ce sont des bouchons soit prémoulés, soit façonnés qui sont réunis par une bande élastique.

Classification selon le mode de fonctionnement

Les protections auditives peuvent être classées selon leurs fonctionnalités, elles correspondent à des exigences professionnelles graduelles.

Les appareils passifs

Ils ne sont constitués que d’une simple barrière physique qui atténue le bruit uniquement grâce aux matériaux dont ils sont fabriqués et à leur densité, ou encore grâce aux propriétés des matériaux utilisés qui absorbent les ondes sonores et en diminue la propagation.

Les appareils à atténuation du niveau

Ces appareils ont la capacité d’augmenter la protection en fonction du niveau du bruit ambiant. Certains de ces appareils sont uniquement mécaniques, car comprenant un élément (orifice très fin ou fente étroite) qui laisse de moins en moins passer le son au fur et à mesure que celui-ci augmente.D’autres incluent un dispositif électroacoustique composé : D’un microphone qui capte le bruit ambiant, D’un amplificateur non linéaire, D’un écouteur qui restitue le son ambiant en l’affaiblissant en fonction de son intensité.

Les appareils actifs ou à réduction active du bruit

L'atténuation passive des casques anti-bruit actif électronique est renforcée par un dispositif électroacoustique qui comprend : Un microphone qui capte le bruit résiduel que la protection laisse passer, Un module électronique avec un écouteur qui émet un son en opposition de phase avec le bruit résiduel.

Les appareils de communication

Ils permettent soit : L’échange de messages vocaux, L’écoute de musique, La perception des signaux d’alerte ou des signaux nécessaires au travail.

Ces appareils de communication peuvent être reliés par fil, par radiofréquence ou par infrarouge. Avec l’avancée des technologies, les appareils actifs ne sont plus limités aux protections à coquilles mais peuvent désormais aussi être appliqués aux bouchons d’oreille.