Histoire de la protection individuelle

Selon l’INRS, les équipements de protection individuelle (EPI) sont destinés à protéger d’un ou de plusieurs risques à un poste de travail. L’INRS précise aussi que la protection individuelle ne peut être envisagée que lorsque toutes les autres mesures d'élimination ou de réduction des risques s'avèrent insuffisantes ou impossibles à mettre en œuvre.

De nos jours, les EPI font l’objet d’une multitude de normes et sont imposés par le code du travail. Il n’en a pas toujours été ainsi au fil de l’histoire et pourtant l’homme a dû de tous temps se livrer à des travaux pénibles et dangereux, générateurs de risques physiques. L’homme étant par nature un être doué de raison et prudent, il a depuis toujours éprouvé le besoin de se protéger de ces risques induits par les travaux pénibles, même si aucune réglementation, aucune loi ne le préconisait et qu’aucune norme ne venait les définir.

Les premières traces

Ainsi, même si l’on soupçonne que les tailleurs (éclateurs) de silex se protégeaient probablement les mains à l’aide de bandes de cuir, les premières traces réelles des ancêtres d’EPI ont été retrouvées dans la culture campaniforme (population répandue en Europe occidentale qui a pris le nom d’un de leur gobelet caractéristique en forme de cloche). Il a été découvert dans des sépultures individuelles datées d’environ 2300 ans avant J.C. des protections de poignets, plaques de pierre rectangulaire perforées aux angles, dont la fonction exacte n’a pas été définie.

Assez curieusement, et malgré son niveau de civilisation, le monde antique, égyptien, grec ou romain, n’a pas réellement développé de système équivalent à nos EPI aujourd’hui. Les travaux pénibles et dangereux étaient bien souvent exécutés par des esclaves ou des membres de castes inférieures, qui constituaient une main d’œuvre bon marché et interchangeable que l’on n’éprouvait pas le besoin de protéger d’éventuel accident. Que ce soit sur les fresques, peintures, gravures, descriptions qui nous sont parvenues, le travailleur était toujours représenté revêtu d’une tunique, d’un pagne voire même nu (en illustration une fonderie de cuivre égyptienne).

Nous ferons tout de même un clin d’œil à notre célèbre gaulois Astérix et à son village, pour noter que Cétautomatix, leur non moins célèbre forgeron est toujours dessiné certes torse nu, mais protégé par un solide tablier de cuir. Bien qu’il nous semble aujourd’hui logique et naturel que cette protection ait existé, rien n’est moins sûr sur le plan historique au moins à cette époque.

Naissance des EPI au moyen-âge

Avec le déclin de l’empire romain et le moyen-âge, même si subsiste un système de caste, le travailleur devient peu à peu un individu, détenteur d’un savoir-faire, et le travail un moyen de subsister pour soi-même donc le besoin de protection contre les risques induits par le travail apparaît progressivement.

Ainsi, dès le moyen-âge, on peut voir apparaître les premiers vrais EPI. Le paysan qui taille sa vigne est représenté dès le XIème siècle vêtu d’une cagoule sans manche par-dessus sa cotte afin d’éviter les griffures.
De la même façon, les faucheurs sont représentés vêtus de cottes et de chausses solides afin d’éviter les blessures possibles lors du maniement de l’outil.

Le mineur, lui, est représenté au XIIIème siècle entièrement revêtu de mailles, avec surcotte d’étoffe, afin d’éviter les blessures liées au travail et au maniement du picois (outil de mineur) et est coiffé du chapel de fer à larges bord, pour garantir la tête contre les projectiles jetés du haut des murailles sapées.

Toujours pour montrer cette utilisation de l’EPI dès le moyen-âge dans les différents corps de métiers, le forgeron apparaît dans l’iconographie revêtu d’un tablier de peau devant leur cotte, voire même coiffé du chapeau de feutre dont la visière permet de garantir les yeux contre les escarbilles incandescentes du fer ou l’ardeur du feu de forge.

Nous ne nous étendrons pas sur les évolutions suivantes des EPI, liées au siècle des lumières, à la grande révolution industrielle, la documentation concernant ces époques est beaucoup plus fournie et les équipements beaucoup mieux connus (comme les équipements de mineurs au XIXème siècle).